Plastique du fantasme et fantasme plastique : "l'effet Gradiva" (Freud avec Rodin)

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C'est bien un thème plastique -le "bas-relief " lié à la figure de "Gradiva" censée avoir été exhumée de Pompéi- que met à jour le premier grand déchiffrement freudien d'une œuvre littéraire. L'analyse plastique du fantasme de l'archéologue amoureux pourrait s'avérer une contribution, en creux, à la question de l'amour de la forme, soit ce qui soutient le fantasme plastique : entendons le projet sculptural de faire émerger une dialectique intime de la forme et du mouvement, celle-là même qui ne cesse d'animer la création rodinienne. Relue et requestionné de ce point de vue, le pied en mouvement de Gradiva pourrait mener vers l'objet inconscient du désir plastique, à la fois voilé et manifeste. Mise en écho de l'inlassable traque de Rodin de la jouissance en forme de corps avec la passion freudienne pour « l'enveloppe formelle » du symptôme comme effet de vérité. C'est par là même un accès au fantasme constitutif qui noue féminité et passion de la forme.

Paul-Laurent AssounPsychanalyste, Professeur à l'Université Paris-Diderot (Paris 7), auteur entre autres de Corps et Symptôme. Leçons de psychanalyse, Éditions Economica, 2004,2e éd.. Dernier ouvrage publié Le démon de midi (Éditions de l'Olivier, 2008).