Liliana MARINESCU-NICOLAJSEN
Rodin et Freud partageaient la même passion - le collectionnisme, surtout celui d'antiquités classiques, engouement qui était d'ailleurs dans l'air du temps dans toute l'Europe et même Outre-Atlantique.
Attirés par l'Italie, ils s'y rendent à plusieurs reprises. Par une simple coïncidence, chacun d'entre eux effectue son premier voyage transalpin en 1876. Cependant, tout ou presque les sépare. Les motivations et les circonstances de leurs voyages sont différentes et même lorsque, parfois, ils rencontrent à Rome les mêmes personnalités du monde de l'archéologie ou de celui des marchands, leur approche est autre.
L'un, l'artiste, admire et achète instinctivement avec l'œil du sculpteur. L'autre, malgré son « œil érudit » consulte des amis spécialistes tel le Professeur Émmanuel Löwy. Tandis que l'un flâne dans Rome au gré de ses fantaisies ou se laisse accompagner et conseiller par ses amis chez lesquels il séjourne, l'autre voyage avec le Baedeker suivant des itinéraires le plus souvent rigoureusement établis.
Les deux voyagent et collectionnent avec frénésie, mais en fait leurs deux parcours parallèles ne se croisent jamais.