Jean-Paul Demoule

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Anne et Patrick Poirier

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Un autre regard : Jean-Paul Demoule, archéologue

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La métaphore archéologique est présente dès les origines de la psychanalyse. Freud est en effet un grand admirateur de Heinrich Schliemann, le découvreur de la ville de Troie, dont il dit en 1899, au moment même où il élabore la nouvelle science : "Cet homme a trouvé son bonheur en découvrant le trésor de Priam, tant il est vrai que la réalisation d'un désir infantile est seule capable d'engendrer le bonheur". De fait, combien d’enfants ont rêvé d’être un jour archéologues ! Mais la métaphore est sans doute trop simple et suscite souvent la réserve des psychanalystes. La cure ne consiste pas seulement à réexhumer des vestiges enfouis du passé du patient : elle est aussi une élaboration à deux, dans le présent, et fondée sur le transfert. Pourtant Freud est aussi un collectionneur, au prix d’une véritable passion et avec un attachement physique à des oeuvres acquises à grands frais. Ses cendres seront d’ailleurs déposées dans un vase antique, don de Marie Bonaparte. Ces objets sont pour l’essentiel des statuettes, des représentations humaines, même lorsqu’il s’agit de divinités. L’exposition est donc l’occasion de s’interroger en particulier sur le rapport de Freud avec ces oeuvres matérielles figuratives, directement regardées et touchées, en deçà du langage. Il peut ainsi rejoindre l’artiste Rodin, qu’il n’a jamais rencontré, pour qui ces objets esthétiques sont aussi un support direct de communication plastique.

Jean-Paul Demoule

Jean-Paul Demoule Jean-Paul Demoule est professeur de protohistoire européenne à l’Université de Paris I (Panthéon-Sorbonne). Ancien président de l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives (Inrap), il fut l’un des artisans de la loi de 2001 sur la protection du patrimoine archéologique et à l’initiative du programme de sauvetage archéologique de la vallée de l’Aisne, l’une des premières opérations d’archéologie préventive systématique en France. Ses travaux portent sur l’apparition du néolithique en Europe ainsi que sur la période gauloise, et il a conduit des fouilles en Grèce et en Bulgarie. Il s’est investi dans les questions de politique scientifique et a dirigé un laboratoire du CNRS. L’Association Européenne des Archéologues (EAA) lui a décerné en 2008 le Prix du Patrimoine archéologique européen (European Archaeological Heritage Prize). Il s’est intéressé également à l’histoire de l’archéologie et aux relations entre archéologie, idéologie et société, étudiant en particulier le « problème indo-européen » ainsi que l’émergence et le rôle des images dans les sociétés du passé.
Il a publié notamment : L'archéologie : Entre science et passion, Gallimard, 2005 ; La révolution néolithique en France, La Découverte, 2007 ; Naissance de la figure : L'art du paléolithique à l'âge du fer, Hazan, 2007 ; L'avenir du passé : Modernité de l'archéologie, La Découverte, 2008 (avec Bernard Stiegler) ; et, touchant à la thématique de l’exposition : « Les images sans les paroles », Destins de l'image. Nouvelle Revue de Psychanalyse, XLIV, 1991, p. 37-56 et « Les pierres et les mots, Freud et les archéologues », Alliage, n° 52, 2003, p.129-144.

Michelle Moreau Ricaud

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Echos

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