Sigmund Freud à Wilhem Fliess, 14 avril 1898

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Sigmund Freud

La grande cité d’autrefois [Aquilée] n’est plus qu’un dépotoir , bien que le musée renferme d’innombrables trésors romains découverts dans les fouilles : pierres tombales, amphores, médailles de dieux découvertes dans l’amphithéâtre, statues, bronzes et joyaux. Beaucoup de personnages priapiques. Une Vénus qui se détourne d’un air choqué de son nouveau-né dont on lui montre le pénis ; Priape vieux dont un Silène voile les organes génitaux et qui dès lors va s’adonner à la boisson ; un ornement priapique en pierre avec, à la place du phallus, un animal aîlé porteur d’un phallus plus petit, tandis que ses aîles elles-mêmes se terminent en pénis ; Priape représentait l’érection permanente, la réalisation du désir contrastant avec l’impuissance psychique.
Sigmund Freud à Wilhem Fliess, 14 avril 1898
   

Sigmund Freud à Wilhem Fliess

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Sigmund Freud

 

La légende grecque a saisi une compulsion que tous reconnaissent parce que tous l’ont ressentie. Chaque auditeur fut un jour en germe, en imagination, un Œdipe et s’épouvante devant la réalisation de son rêve transposé dans la réalité, il frémit suivant toute la mesure du refoulement qui sépare son état infantile de son état actuel.

 

Sigmund Freud à Wilhem Fliess, 15 octobre 1897

   

Sigmund Freud, L’Intérêt de la psychanalyse

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Sigmund Freud

Si l’on considère que les moyens de représentation par le rêve consistent principalement en images visuelles et non en mots, on constatera qu’il est encore plus indiqué de comparer les rêves à un système d’écriture qu’à une langue. En fait, l’interprétation des rêves est tout à fait analogue au déchiffrement d’une écriture pictographique ancienne telle que les hiéroglyphes d’Égypte.

Sigmund Freud, L’Intérêt de la psychanalyse [1913] in Gesammelte Werke, Fischer, vol. VIII, p. 390-420.

   

Sigmund Freud à Stefan Zweig

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Sigmund Freud

Il faudra que je vous dise un jour combien vous réussissez à obtenir, avec la langue, quelque chose qu’à ma connaissance personne d’autre ne réalise. Vous savez rapprocher de si près l’expression de l’objet que les plus fins détails de celui-ci deviennent perceptibles, et que l’on croit saisir des relations et des qualités qui jusqu’à présent n’avaient absolument jamais été exprimées par le langage. Cela faisait déjà longtemps que je me creusais la tête pour trouver un équivalent de votre façon de travailler ; finalement, il m’en est venu un hier, évoqué par la visite d’un ami épigraphiste et archéologue. C’est un procédé comparable à celui de prendre le calque d’une inscription sur une feuille de papier. On applique, c’est bien connu, une feuille de papier humide sur la pierre, et l’on contraint cette matière malléable à épouser les moindres creux de la surface portant l’inscription. Je ne sais si cette comparaison vous satisfera.

Sigmund Freud à Stefan Zweig, 14 avril 1925.

   

Sigmund Freud à Wilhem Fliess

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Sigmund Freud

Nous avons découvert une scène remontant à l’époque primitive (avant ses 22 mois) qui, profondément ensevelie sous les fantasmes, satisfait à toutes nos exigences et dans lesquelles débouchent toutes les énigmes encore irrésolues ; une scène tout à la fois sexuelle, anodine, naturelle, etc. J’ose à peine y croire vraiment. Tout se passe comme si Schliemann avait de nouveau mis au jour cette ville de Troie que l’on croyait imaginaire.

Sigmund Freud à Wilhem Fliess, 21 décembre 1899

   

Rodin, dans Valfori

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Auguste Rodin

J’aime les statuaires de la Grèce antique : ils furent et ils demeurent mes maîtres.

Rodin, dans Valfori, 25 décembre 1906

   

Rilke sur la sculpture de Rodin

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Rainer Maria Rilke

Une main qui se pose sur l’épaule ou la cuisse d’un autre corps n’appartient plus tout à fait à celui d’où elle est venue : elle et l’objet qu’elle touche ou empoigne forment ensemble une nouvelle chose, une chose de plus qui n’a pas de nom et n’appartient à personne ; et il est question à présent de cette chose particulière et qui a ses limites définies.

(Rilke sur la sculpture de Rodin, [1903], 1966, p. 40).

   

Cladel, 1903, p. 91-92

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Cladel

Je faisais des vases pareils à tous les autres, je n’étais pas arrivé à trouver une beauté de proportions et de lignes telle que je la pressentais, parce que je n’appuyais mes recherches que sur les combinaisons de mon imagination. Depuis j’ai dessiné des corps de femmes et l’un de ces corps m’a donné, dans sa synthèse, une superbe forme de vase, avec des lignes vraies, des rapports harmonieux. Il ne s’agit donc pas de créer. Créer, improviser, ce sont des mots inutiles. Il s’agit de comprendre …

(Cladel, 1903, p. 91-92)

   

Rainer Maria Rilke, 1903

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Rainer Maria Rilke

Il y avait des pierres qui dormaient, et l’on sentait qu’elles s’éveilleraient à quelque Jugement dernier, des pierres qui n’avaient rien de mortel, et d’autres investies d’un mouvement, d’un geste qui avait conservé tant de fraîcheur qu’on eût dit qu’il était juste déposé là pour être un jour confié à un enfant qui passe.

Rainer Maria Rilke, 1903

   

Rilke sur la sculpture de Rodin

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Rainer Maria Rilke

Une main qui se pose sur l’épaule ou la cuisse d’un autre corps n’appartient plus tout à fait à celui d’où elle est venue : elle et l’objet qu’elle touche ou empoigne forment ensemble une nouvelle chose, une chose de plus qui n’a pas de nom et n’appartient à personne ; et il est question à présent de cette chose particulière et qui a ses limites définies.

Rilke sur la sculpture de Rodin, [1903], 1966, p. 407

   

Lettre de Sigmund Freud à M. Bernays

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Sigmund Freud

Pense à ma joie en rencontrant aujourd’hui au Vatican, après une si longue solitude le visage connu d’un être cher ; mais la reconnaissance a été unilatérale, car il s’agissait de Gradiva accrochée tout en haut d’un mur.

Lettre de Sigmund Freud à M. Bernays, 24 septembre 1907

   

Hilda Doolittle

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Hilda Doolittle

“Celle-ci est ma préférée”, dit-il. Il tendit l’objet vers moi. Je le pris dans ma main. C’était une petite statue de bronze, casquée, vêtue jusqu’aux pieds d’une robe ciselée et le buste drapé d’un chiton ou d’un péplum gravé. L’une de ses mains est tendue comme si elle tenait un bâton ou une baguette. “Elle est parfaite, dit-il, malheureusement elle a perdu sa lance…"

Hilda Doolittle, 1977, Visage de Freud, p. 186.

   

Freud, L’intérêt de la psychanalyse

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Sigmund Freud

Si l’on considère que les moyens de représentation par le rêve consistent principalement en images visuelles et non en mots, on constatera qu’il est encore plus indiqué de comparer les rêves à un système d’écriture qu’à une langue. En fait, l’interprétation des rêves est tout à fait analogue au déchiffrement d’une écriture pictographique ancienne telle que les hiéroglyphes d’Égypte.

(Freud, [1913], L’intérêt de la psychanalyse , p. 390-420.)

   

Freud cité par L'Homme au Loups

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Sigmund Freud

Le psychanalyste comme l'archéologue dans ses fouilles, était contraint de mettre à nu plusieurs couches de la psyché de son patient, avant de parvenir à ce qu'il y avait de plus précieux, mais qui était aussi le plus profondément enfoui.

Freud cité par L'Homme au Loups

   

Lettre de Rodin à Hélène de Nostitz

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Auguste Rodin

Maintenant j’ai fait une collection de dieux mutilés, en morceaux, quelques-uns, chefs d’oeuvres. Je passe du temps avec eux ils m’instruisent. J’aime ce langage d’il y a deux ou trois mille ans, plus près de la nature qu’aucun autre. Je crois les comprendre, je les visite continuellement, leur grandeur m’est douce, et il y a un rapport en eux avec tout ce que j’ai aimé. Ce sont des morceaux de Neptune, de femme déesses. Et tout ceci n’est pas mort, ils sont animés, et je les anime encore plus, je les complète facilement, en vision, et ce sont mes amis de la dernière heure.

Lettre de Rodin à Hélène de Nostitz, 10 octobre 1905, Paris, Musée Rodin