Auguste Rodin
Maintenant j’ai fait une collection de dieux mutilés, en morceaux, quelques-uns, chefs d’oeuvres. Je passe du temps avec eux ils m’instruisent. J’aime ce langage d’il y a deux ou trois mille ans, plus près de la nature qu’aucun autre. Je crois les comprendre, je les visite continuellement, leur grandeur m’est douce, et il y a un rapport en eux avec tout ce que j’ai aimé. Ce sont des morceaux de Neptune, de femme déesses. Et tout ceci n’est pas mort, ils sont animés, et je les anime encore plus, je les complète facilement, en vision, et ce sont mes amis de la dernière heure.
Lettre de Rodin à Hélène de Nostitz, 10 octobre 1905, Paris, Musée Rodin