Les bibliothèques

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La bibliothèque d’images d’Auguste Rodin

Rodin ne fut pas un grand amateur de livres d’archéologie mais il acheta ou reçut de ses amis quelques belles éditions d’art antique illustrées de gravures ou de photographies. La collection et la confrontation des sources du passé, et en particulier des images, fit partie intégrante de son travail. Les dessins d’après l’antique copiés dans sa jeunesse au Louvre ou sur les livres de gravures de la Bibliothèque impériale, ainsi que les photographies, étaient précieusement conservés, juxtaposés dans des albums, comme dans un musée imaginaire des arts comparés. Jusqu’à la fin de sa vie, le sculpteur recueillit dans de petits carnets de notes et de croquis toute une collection de gestes antiques.

La bibliothèque archéologique de Sigmund Freud

Freud le scientifique fut un bibliophile averti. Il possédait plus d’une centaine d’ouvrages sur l’archéologie et passait de nombreuses heures dans son bureau à contempler les gravures, déchiffrer les hiéroglyphes ou préparer, devant le plan de la Rome antique, par exemple, ses futurs voyages « vers le sud ». Il se passionna pour la figure de l’archéologue, incarnée par Henrich Schliemann, le découvreur de l’ancienne Troie, son alter ego, celui qui ouvre les tombeaux, déchiffre les écritures anciennes et met au jour, strate après strate, les vestiges du passé. « J’ai lu beaucoup plus d’ouvrages d’archéologie que de psychologie » déclarait Freud à Stefan Zweig en 1931.